Cette revue existe parce qu'il manque, en français, un espace éditorial qui tienne ensemble trois exigences : la rigueur clinique, la lenteur de lecture, et la conscience que le soin n'est jamais hors-sol. Ce que vous lirez ici a été écrit lentement, relu plusieurs fois, sourcé. Nous publions peu et nous publions long. C'est notre seule manière d'être honnêtes.
Contre quoi nous écrivons
Contre la psychiatrie qui prend l'universel pour neutre
Le sujet implicite des manuels — DSM, ICD, protocoles cliniques majoritaires — reste, dans leur structure même, blanc, hétérocis, valide, neurotypique, sédentaire. Quand un autre sujet entre en cabinet, l'outil ne cesse pas d'être utile — il cesse d'être suffisant. Soma écrit cette insuffisance.
Contre le wellness qui prend la dépolitisation pour de la douceur
La récupération du yoga, de la méditation, de la « pleine conscience » par une industrie qui en a évacué les généalogies, les cosmologies et les exigences éthiques produit un objet étrange : un soin qui rend les sujets responsables de leur propre régulation dans des environnements structurellement dérégulants. Nous lisons cette opération comme une violence supplémentaire.
Contre le coaching qui prend la performance pour du soin
Le développement personnel néolibéral promet un sujet plus efficace, plus résilient, mieux optimisé. Le soin que nous défendons ne promet rien de tel. Il accepte que la lenteur, la régression, la dépendance soient parfois exactement ce dont un système nerveux a besoin.
Pour qui nous écrivons
Pour les personnes qui cherchent autre chose qu'une fiche-conseil de magazine féminin. Pour les professionnel·les du soin qui veulent un espace de pensée publique exigeant. Pour les personnes situées aux marges des nomenclatures — racisées, LGBTQIA+, neuroatypiques, expatriées — qui ont fait l'expérience que la clinique standard ne les pense pas suffisamment.
Pour les lectrices et lecteurs qui supportent qu'un texte dure plus de quatre minutes.
Nos engagements méthodologiques
- Sourcer. Toute affirmation forte est référencée à une source primaire (article à comité de lecture, monographie, document clinique). Les références sont accessibles en pied d'article.
- Distinguer. Nous écrivons de la vulgarisation, pas de la consultation. Aucun article ne peut se substituer à un suivi clinique. Nos avertissements YMYL sont visibles, pas cachés.
- Anonymiser. Tous les témoignages publiés ont fait l'objet d'un consentement écrit, et de modifications d'éléments identifiants. La méthode est détaillée dans la charte éditoriale.
- Déclarer. L'autrice exerce comme thérapeute. Cette posture clinique est un atout éditorial — et un conflit d'intérêts potentiel. Il est déclaré sur chaque article, et la frontière entre lecture et orientation clinique est explicite.
- Tenir compte du corps qui lit. Typographie lisible, contraste renforcé, pas de pop-up de scroll, pas de notifications, pas de sticky bar. Le public neuroatypique est notre lecteur de référence.
Ce que nous ne ferons pas
- Aucun article sponsorisé déguisé en éditorial.
- Aucun lien d'affiliation vers des produits de bien-être.
- Aucun contenu généré sans relecture humaine clinique.
- Aucun pop-up newsletter qui se déclenche au scroll. Jamais.
— La rédaction